"Mon cœur m’assure que nous ne ferons jamais deux personnes."
Jean-François à son frère, 30 octobre 1818
Les frères Champollion sont nés à Figeac (Lot), l’un en 1778 et l’autre en 1790, d’un colporteur-libraire et d’une descendante de tisserands. Nouant des liens affectifs très forts, les deux frères vont brillamment illustrer la vie intellectuelle de leur temps.
L’aîné, Jacques-Joseph Champollion-Figeac, vient s’installer en Isère à 20 ans. Il est commis de commerce chez des cousins, les négociants "Champollion, Chatel et Rif" installés Grand-Rue à Grenoble. Quasiment autodidacte, il joue très tôt le rôle de mentor pour Jean-François.
Son érudition dévorante et sa sociabilité lui valent l’estime du préfet de l’Isère, le physicien Joseph Fourier. Voilà ce passionné de livres devenu bibliothécaire de Grenoble, professeur de littérature grecque et doyen à 34 ans de l’université tout juste née ! Le retour de Napoléon en 1815 le conduit à un bref engagement politique.
La monarchie revenue, il réussit une nouvelle carrière à Paris, à l’Institut de France puis comme conservateur de la Bibliothèque nationale, alors royale. Après la mort prématurée de Jean-François, il continue la publication des travaux de son frère auxquels il a d'ailleurs contribué. Il meurt en 1867.
A son arrivée à Grenoble, Jean-François Champollion se découvre une passion pour les langues anciennes. Sur les traces de son aîné, il enseigne l’histoire à l’université de Grenoble et l’aide à la bibliothèque.
Devant ses précoces et remarquables capacités, Jacques-Joseph réussit à l’envoyer à l’Ecole des Langues orientales de Paris. Le déchiffrement des écritures égyptiennes devient pour lui crucial. Le 14 septembre 1822, il déchiffre les hiéroglyphes grâce à l’étude de plusieurs documents dont une copie de la pierre de Rosette.
Devenu conservateur des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, il monte une expédition en Egypte en 1828-1829. A son retour, il débute ses cours au Collège de France mais il meurt prématurément en 1832, à l’âge de 41 ans.
Les frères Champollion sont à la fois du Quercy et du Dauphiné. Figeac est le lieu où ils retrouvent leurs sœurs, la famille de leur mère et des amis chers.
Mais leur père est né dans le hameau de La Roche d'Entraigues, en Valbonnais (entre Matheysine et Oisans), près du village de Champoléon d’où dérive peut-être leur nom.
"Je ne sais quand je pourrai revoir nos belles montagnes, je ne les ai jamais trouvées plus pittoresques et plus charmantes que depuis que je ne les aperçois plus."
Jean-François à son ami Thévenet, 1er mai 1816
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