Cette famille d'origine noble, dont le nom signifie "originaire du Berry", est attestée depuis le XIIIe siècle en Dauphiné. A Vif, on parle d'ailleurs couramment de la "race des Berriat" pour qualifier cette très ancienne famille.
Pierre Berriat est le fils de Pierre, marchand à Vif et de Thérèse Sallicon. Qualifié de "bourgeois de Vif", il installe son office de procureur au bailliage de Grésivaudan rue Pérollerie à Grenoble, près du Parlement.
En 1767 il épouse Françoise Trousset, fille de procureur, qui lui donnera dix enfants. Le couple achète à Vif divers biens, dont en 1778 le futur domaine "Les Champollion", à Etienne Bonnot de la Tour (parent de l'abbé de Mably et de son frère Condillac). Il s’offre ainsi une maison de campagne digne de sa condition, dont il dotera sa fille Zoé.
En 1792, au moment de la vente des bien nationaux, Pierre Berriat achète à Vif le domaine des Ursulines (l'actuelle mairie), qu'il transmettra par la suite à son fils Sébastien.
Zoé reçoit le domaine de Vif en dot pour son mariage en 1807 avec Jacques-Joseph Champollion-Figeac. Pierre Berriat, qui s'est retiré près de sa fille, fait même du jeune homme son partenaire de tarot préféré.
Zoé, mère de six enfants, apparaît comme l'épouse sans reproche de Jacques-Joseph et une amie très proche de Jean-François Champollion.
Dans la cour fermière de la propriété, elle installe une magnanerie pour y élever des vers à soie, nourris avec les mûriers du parc. Cette activité est liée à la filature de soie installée par son frère Sébastien dans le couvent des ursulines.
Professeur de droit, Jacques Berriat dit "Saint-Prix" devient une gloire des universités grenobloise et parisienne. Editeur des œuvres de Boileau, il précède Jean-François Champollion comme membre de l'Institut de France.
Egalement écrivain, il évoque la propriété de Vif dans plusieurs scènes de son roman "L'Amour et la Philosophie".
Sébastien Berriat fonde en 1795 la filature de soie de Vif, installée dans les bâtiments du couvent des ursulines (actuel Trésor Public). Très vite, l'établissement se fait connaître pour la qualité de ses produits. En 1812, il achète une machine à la Vaucanson qui augmente considérablement sa production.
C'est ainsi qu'au milieu du XIXe siècle, se développent la culture du mûrier et l'élevage des vers à soie dans le pays vifois, pour alimenter la filature qui est en pleine prospérité. Reprise par son fils Léon Berriat, l'entreprise est cependant contrainte de fermer ses portes en 1860, suite aux graves maladies qui ravagèrent les élevages de vers à soie dans les années 1850.
Sources :
Y. Armand et J.C. Michel, "Histoire de Vif", 2006
A. Cayol-Gerin, "Champollion, du Dauphiné à l'Egypte", 2004