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Les frères Champollion

Jean-François Champollion (1790-1832)

Le déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion, le 14 septembre 1822, signe l'acte de naissance d'une nouvelle science : l'égyptologie.

Une jeunesse érudite

Portrait de Jean-François ChampollionJean-François Champollion naît à Figeac le 23 décembre 1790.
La famille vit alors dans le rêve suscité par l'expédition en Egypte de Bonaparte. L'Orient fascine mais depuis le Ve siècle, l'écriture des pharaons reste muette.

Au début du XIXe siècle, la publication de la "Description de l'Egypte" et la découverte de la pierre de Rosette ouvrent de nouvelles perspectives. En Europe, les linguistes Thomas Young, Antoine Isaac Silvestre de Sacy ou Johan David Akerblad, en quête de gloire, s'attellent au déchiffrement des hiéroglyphes.

A dix ans, il rejoint son frère à Grenoble qui, devant ses dons précoces pour les langues, prend son éducation en main.

Dès lors Champollion n'a qu'un but : il sera le déchiffreur des hiéroglyphes.

"Tu me conseilles d'étudier l'inscription de Rosette.
C'est justement par là où je veux commencer."
Jean-François à son frère, 1808.

L'apprentissage des langues orientales

Afin de compléter sa formation en langues orientales (hébreu, arabe, syriaque, araméen, éthiopien et copte), Jean-François part à Paris en 1808.
Il étudie à l'Ecole spéciale des langues orientales et auprès de Silvestre de Sacy au Collège de France.

Son frère, par ses relations et son amitié avec le préfet Joseph Fourier, est nommé à la bibliothèque de Grenoble et devient correspondant de l'Institut de France. En 1814, à Grenoble, Champollion devient professeur d'histoire ancienne à l'université et bibliothécaire-adjoint à la bibliothèque.

Mais en 1816 les deux frères, fervents sympathisants de l'Empereur Napoléon, sont exilés à Figeac. Ils y développent une école mutuelle, enseignement primaire basé sur le monitorat. Dix-huit mois plus tard, Jean-François revient à Grenoble. Il épouse Rosine Blanc en 1818 et reprend ses fonctions à l'université jusqu'en 1821.

"Je tiens l'affaire !"

Portrait de JF Champollion (crayon)A vingt-huit ans, le jeune homme reprend d'arrache-pied ses recherches. A partir des collections égyptiennes qui circulent en Europe, il accumule une riche documentation.

Après quinze ans de travaux sur le sujet, à force de comparaisons et d'analyses méthodiques, c'est la découverte. Le 14 septembre 1822, Jean-François Champollion trouve la clef de l'écriture égyptienne. Il s'exclame alors "Je tiens l'affaire !" avant de tomber en syncope devant son frère Jacques-Joseph.

Le 27 septembre 1822, il lit devant l'Académie des inscriptions et belles-lettres sa fameuse "Lettre à Monsieur Dacier", qui marque le début de l'ère du déchiffrement.

La consécration

Statue d'Aménophis II (Turin)A partir de 1824, afin de mettre à l'épreuve sa démarche scientifique, Champollion parcourt l'Europe afin de voir les musées et collections d'antiquités pharaoniques. Au Musée égyptien de Turin, il étudie ainsi la première grande collection d'antiquités, rapportée par le consul de France Bernardino Drovetti.

En 1826, Champollion est nommé premier conservateur de la nouvelle section d'Antiquités égyptiennes du musée Charles X (futur musée du Louvre). Il fait acquérir les collections réunies par les consuls de France en Egypte, Salt et Drovetti.

Il s'impose alors comme un véritable muséologue. Son parti pris, novateur, est d'expliquer une civilisation et son évolution plutôt que d'aligner des objets d'art. Aujourd"hui, le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre utilise toujours les salles et le mobilier créés sous sa responsabilité.

La naissance de l'égyptologie

Portrait de JF Champollion en égyptienEn 1828-1829, Champollion conduit l'expédition franco-toscane sur la terre des pharaons. Durant quinze mois, son équipe remonte le Nil jusqu'à la Nubie et découvre avec ravissement le berceau de l'Egypte. Au fil de ses découvertes, l'égyptologie gagne ses lettres de noblesse et dévoile des pans entiers de l'histoire des pharaons.

Maquette obélisque de LouxorA Louxor, Jean-François choisit l'obélisque qui rejoindra la place de la Concorde à Paris en 1836. Il rapporte de son voyage une très abondante moisson de documents et des œuvres pour le musée Charles X, dont la statue de Karomama et le sarcophage de Djedhor.

Les conséquences de son séjour sont essentielles pour la connaissance et la conservation du patrimoine égyptien. Champollion, là encore pionnier, rédige un mémoire pour l'instauration d'un service de conservation des antiquités de l'Egypte, visant à les protéger du pillage et de la destruction.

Un nom pour la postérité

Buste posthumeA son retour d'Egypte, il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres et devient professeur au Collège de France. Mais usé par tant d'efforts, il meurt prématurément le 4 mars 1832. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, aux côtés de l'un de ses protecteurs, Joseph Fourier.

Ses travaux inachevés, la "Grammaire égyptienne" , son "Dictionnaire" et les quatre volumes des "Monuments de l'Egypte et de la Nubie", sont publiés grâce à son frère entre 1835 et 1847.

 

Sources :
M. Dewachter, "Champollion, un scribe pour l'Egypte", 1990
A. Cayol-Gerin, "Champollion, du Dauphiné à l'Egypte", 2004
J.M. Humbert, "Bonaparte et l'Egypte. Feu et lumières", 2008
S. Aufrère, "Champollion, Jean-François", site web de l'INHA, 2009

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A télécharger

Biographie publiée par l'Institut National d'Histoire de l'Art (pdf)

L'expédition de Champollion en Egypte